CERCLE CONDORCET DU SENONAIS
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Ciné-débat : La mélancolie ouvrière projection avec le réalisateur Gérard Mordillat

Cinéma - débat

• Détails de l'évènement

Le 14/02/2019 de 20h00 à 22h30
Cinéma Confluences à SENS

 Gérard MORDILLAT

Bande annonce

 

Le film a été diffusé le 24 août 2018 sur ARTE.
Avec Virginie LedoyenPhilippe TorretonFrançois Cluzet...
Ce film est l'adaptation du livre éponyme de Michelle Perrot paru en 2012 aux éditions Grasset. C'est l'histoire de Lucie Baud (1870-1913) ouvrière en soie dans le Dauphiné qui a mené des grèves à Vizille et à Voiron.
Lucie Baud, figure oubliée de la lutte ouvrière : lire la suite...

Gérard Modillat : lire la suite....

Mélancolie ouvrière (hérodote.net) : lire la suite...




Bel extrait du poème de Victor Hugo, dit mezzavoce, par Auda, le syndicaliste anarchiste, admiré par Lucie Baud.

Melancholia (du recueil  Les Contemplations) qui donne son sens au titre du film.


Melancholia (extrait)


... Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

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